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Xinran : porter les voix des Chinoises

Mis à jour : févr 25

Texte de Mathilde Boisserin, membre du Club Femmes ici et ailleurs, Sathonay-Camp.


Que valait donc la vie d’une femme en Chine? […] Je croyais connaître les Chinoises. À les lire, je me suis rendue compte à quel point je me trompais” Xinran, Chinoises.


Née à Pékin en 1958 et émigrée au Royaume-Uni depuis 1997, Xinran est journaliste et autrice de plusieurs ouvrages sur la vie des femmes chinoises d’hier et d’aujourd’hui. En 1989 à Nankin (Chine), elle anime l’émission de radio “Mots sur la brise nocturne” qui permet aux femmes d’échanger sur leurs expériences de vie. Certains témoignages ne peuvent être diffusés dans le contexte chinois d’alors, et, une fois émigrée, la journaliste retranscrit ces témoignages pour ouvrir les yeux de ses lecteurs et lectrices sur le destin de ces femmes.


Dans toute son œuvre, et ce depuis son premier livre paru au Royaume-Uni en 2002 sous le titre The Good Women of China, l’autrice s’attache à transmettre les destins des femmes chinoises façonnés par l’histoire récente de leur pays – qu’elles soient étudiantes, paysannes, femmes d’affaires, mères, ou épouses de gardes rouges. À travers ses écrits – recueils de témoignages, romans, chroniques pour The Guardian – Xinran opère un double travail de transmission de la parole.


Transmettre pour combler un vide mémoriel

Xinran écrit pour les générations chinoises futures, en tentant de libérer la parole de femmes – mais aussi de familles entières avec l’ouvrage Mémoire de Chine – dans l’idée que le passé est la base du présent, dont on a besoin pour le futur. Ainsi, Xinran scrute avec attention l’évolution des conditions de vie des filles et des femmes dans la Chine d’aujourd’hui, en explorant de nouveaux espaces comme les forums en ligne et en s’intéressant à l’évolution des discours sur la sexualité et les relations amoureuses. Elle tire ce besoin de faire le lien entre le passé et le présent de son propre rapport à la mémoire, lié à son histoire personnelle, dont elle dépeint des passages dans ses ouvrages.


Transmettre pour établir un pont entre les cultures

Le moteur de l’écriture de l’autrice est également de “tracer le chemin d’une meilleure compréhension (Chinoises) des femmes chinoises par les occidentales et occidentaux, et plus largement, des deux cultures entre elles. Être une femme chinoise vivant au Royaume-Uni lui permet de créer un lien entre les deux pays. Elle fonde en 2004 l’association Mother Bridge of Love pour apporter des ressources culturelles en soutien à des familles ayant adopté des enfants chinois.

Le travail de recueil de la parole effectué par Xinran, dont l’œuvre est à (re)découvrir, lui permet de porter, à travers sa propre expérience, les destins, jusque-là inaudibles, de filles et de femmes chinoises.





Mathilde Boisserin est passionnée par l'Asie et les questions de genre et de droits des femmes. Des intérêts développés au cours de ses études à l'Institut d'études politiques de Lyon et à la School of Oriental and African Studies, à Londres. Elle aime lire et découvrir des histoires de femmes aux destins inspirants, et les partager.


Ce blog collaboratif est une plate-forme réservée aux membres du Club Femmes ici et ailleurs. Chacun·e a la possibilité de partager dans cet espace ses témoignages, autour de femmes ou d'événements l'ayant particulièrement inspiré·e.

Ces contenus n'engagent pas la rédaction.


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