Nivèse Oscari, seule femme de l'École de Nice

Mis à jour : mars 19

Texte de Laurence Dionigi, membre du Club Femmes ici et ailleurs, Nice.


Initiée à la fin des années 1950 par Yves Klein, Martial Raysse et Arman, l’École de Nice a vu un nombre important d’artistes adhérer à ce mouvement, toutes et tous en lien avec la Côte d’Azur, et atteindre une certaine renommée dans les années 1970. De ce mouvement provocateur d’avant-garde, plusieurs courants artistiques naîtront dont le Fluxus, le Support/surface et le Nouveau réalisme, essentiellement composés d’hommes. Une seule femme a été retenue par l’histoire de l’art de l’École de Nice, Nivèse Oscari qui, encore de nos jours, peine à être reconnue en tant qu’artiste à part entière sur la scène internationale et qui continue de recevoir, à plus de soixante-dix ans, des courriers au nom de Monsieur Oscari.

“Peu de femmes sculptent de grandes œuvres, car travailler les matériaux comme le fer exige de la force physique. Donc, on croit que je suis un homme et en plus, avec mon prénom, ils et elles ne savent pas si je suis un homme ou une femme !”, éclate de rire la sculptrice d’origine croate.

Sa famille émigre de Croatie en Belgique quand elle a trois ans. À vingt-quatre ans, elle quitte le plat pays pour l’Italie puis s’installe à Nice en 1973 où elle suit des cours d’art contemporain à la Villa Arson. En 1974, elle devient l’assistante du sculpteur César où elle prépare, entre autres réalisations, les compressions en argent. En 1977, elle se marie avec le critique d’art, photographe et galeriste Frédéric Altmann, fondateur du Musée international d’art naïf de Nice et du Centre international d'art contemporain à Carros-Village (CIAC). Le couple fréquente le milieu artistique de la Côte d’Azur : Ben, Arman, Martial Raysse, Pierre Restany, Jacques Lepage, Niki de Saint Phalle, Sosno, etc. “On m’a proposé de faire partie de l’École de Nice qui était en vogue à cette époque-là. J’ai accepté et j’ai suscité bien des jalousies ! Il faut dire que j’étais jeune et jolie et que beaucoup d’artistes me couraient après ! Par exemple, César pour lequel j’ai travaillé”, raconte Nivèse Oscari.


Crédit : Frédéric Altmann

Depuis plus de quarante ans, l’artiste expose ses œuvres tant au niveau national qu’international : Corée du Sud, Japon, États-Unis, Allemagne, Italie, Suisse, Maroc, etc. La critique d’art, France Delville, lui consacre un ouvrage intitulé Nivèse, la part féminine de l’École de Nice en 2005. Elle remporte un prix en 1999 en Corée ainsi que le Grand prix international de sculptures en Corse en 2009.


Au même titre que ses homologues masculins, elle a été exposée au Musée d'art moderne et d'art contemporain de Nice ainsi qu’à Hong-Kong à l’occasion des soixante-dix ans de l’École de Nice en 2017. Elle a représenté la ville de Nice à Trieste, où elle a été l’invitée officielle à La Biennale des Donna en mai dernier.


“Ce sont les mines dans lesquelles mon père travaillait qui ont inspiré mon travail. C’était toujours un choc quand l'ascenseur remontait les mineurs et que je les apercevais au travers des grilles”, confesse l’artiste.


Subtil mélange de sacré et de profane aux principes géométriques bien étudiés, sa création se décline sous différentes formes teintées d’un jeu de couleurs primaires : sculptures monumentales, peintures, collages, travail sur bois découpé ou plexiglas, et surtout, son favori, le métal découpé au laser.

Nivèse Oscari n’a rien de fragile ni d’éphémère comme le laisse croire son prénom. Comme la neige, son travail, sa persévérance et sa personnalité ont cristallisé l’esprit de l’École de Nice.



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Laurence Dionigi est une autrice, conférencière, chroniqueuse et grande voyageuse, ayant collaboré à de nombreux médias de par le monde. Depuis 2013, elle organise la manifestation, Fémin Auteures, à Antibes et anime des cafés littéraires dans la région niçoise. Avec une dizaine d'ouvrages à son actif, elle met lumière la place des femmes dans l'art avec par exemple Les grandes oubliées de l'art.


Pour en savoir plus :

-> Babelio

-> Les Éditions Ovadia




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