Laure, fondatrice de la Prépa Solidaire

Mis à jour : févr. 25

Il y a quelques semaines, nous vous avons fait découvrir Alexandra Rhoul qui, grâce à son collectif LadydeNantes, met en lumière des portraits et témoignages de Nantaises. Un projet innovant que Femmes ici et ailleurs souhaite poursuivre sur le blog ; un portrait mensuel sera publié.


Ce mois-ci, nous vous présentons l'histoire de Laure, fondatrice de la plateforme la Prépa Solidaire, qui accompagne les mineur·e·s étranger·e·s isolé·e·s.


“Je suis née à Nantes. J’habite à Nantes. Et pourtant, je suis une migrante économique. Je n’ai jamais voulu quitter ma ville. Mais quand j’ai eu fini mes études, il n’y avait pas de travail pour moi ici. Alors j’ai dû partir. Je fais partie de cette jeunesse blanche encensée par sa famille, par une société toute entière, car elle s’est exilée pour des raisons économiques. Je suis restée loin de Nantes pendant dix longues années. Pendant tout ce temps, j’ai toujours dit que je me sentais plus chez moi assise sur un trottoir à Nantes que dans ma salle à manger à Francfort, à Bruxelles ou ailleurs. L’exil est une douleur lancinante, un prix exorbitant. Aujourd’hui, j’accompagne des jeunes qui sont ce que j’ai été à leur âge, quand j’ai quitté la rue Paul Bellamy. Pour avoir osé marcher vers leurs rêves, ces jeunes risquent la torture, la noyade et une vie de clandestinité. Moi quand j’ai émigré en Allemagne, j’ai pris le train. Quand le mur de Berlin est tombé, j’avais 15 ans et c’était une victoire. La première fois que j’ai voté, j’ai voté pour l’effacement des frontières en Europe. L’effacement des frontières, on m’a toujours appris que c’était quelque chose de désirable. J’ai grandi dans l’idée que les droits de l’homme étaient universels, et partagés par tous.

Crédits : Ben Lachenal

Aujourd’hui, je m’aperçois que ma libre circulation, que la libre circulation des blancs se fait au prix de la vie des autres. Que si les frontières intérieures de l’Europe sont devenues invisibles pour moi, ses frontières extérieures sont devenues meurtrières. Elles le sont devenues en mon nom. Et moi, ce monde-là, je le refuse. Alors j’en fais exister un autre à la place. J’ai créé la Prépa Solidaire pour repérer et assembler toutes les issues qui existent à la situation des jeunes exilés, comme ici, rue Paul Bellamy, à un numéro près de l'endroit que j'ai quitté il y a vingt ans. Hébergement citoyen, éducation populaire, accès au soin, au droit, à la culture, à la formation, à l’emploi. Tout ce qui leur ouvre le futur qu’ils sont venus chercher, au prix de l‘exil. Et à Nantes, quand on assemble tous ces morceaux de solutions, il existe une vie à vivre. Une vie portée par des gens qui comme moi, continuent de faire de l’effacement des frontières et de l’universalité des droits de l’homme un futur désirable. Aussi longtemps que je pourrai, je ferai exister ce monde-là.”


Pour retrouver les témoignages de LadydeNantes ou son actualité, c'est par ici !


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Ces contenus n'engagent pas la rédaction.


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