Fidelia Castellanos, porte-parole des invisibles

Mis à jour : févr. 25

[Extrait du magazine Femmes ici et ailleurs #34] Texte de Lena Bjurström et photographies d'Ana Taracena


Fidelia Castellanos, employée de maison, a créé avec la syndicaliste Floridalma Contreras le premier syndicat de défense des droits des travailleuses domestiques guatémaltèques – qui n’en ont presque aucun.


Quand elle était petite, Fidelia Castellanos voulait devenir infirmière ou enseignante. Le doux rêve d’une enfant sortie de l’école à neuf ans pour aider sa mère, employée de maison. “Je faisais de menus travaux, la poussière, la vaisselle...”, raconte-t-elle. Un jour, en ramassant les assiettes abandonnées sur la table, son regard s’attarde sur la télévision. Son employeur la gifle. La première d’une longue série de violences. Mariée à l’âge de quinze ans, divorcée quelques années plus tard avec six enfants à charge, Fidelia Castellanos enchaîne les contrats avec des patron·ne·s qui la traitent presque en esclave. Elle gagne au mieux mille quetzals par mois (116 euros). Comme de nombreuses femmes pauvres, elle alterne travail domestique et postes à la chaîne dans les usines textiles.

C’est là qu’elle rencontre Floridalma Contreras qui a passé sa vie à défendre les droits des travailleuses. Dans un pays où les assassinats de syndicalistes sont légion, cet engagement n’est pas sans danger. Floridalma y a perdu son compagnon, mais n’a jamais abandonné le combat. Au début des années 2000, elle anime des ateliers sur le droit du travail pour les ouvrières de l’industrie textile. Puis son chemin croise celui de Fidelia. Ensemble, elles créent en 2011 le premier syndicat d’employées de maison du Guatemala, le Sitradomsa. “Les travailleuses domestiques sont les grandes exclues de la société”, assène Floridalma Contreras. Et du code du travail. Celui-ci, inchangé depuis 1944, fait d’elles des exceptions, sans salaire minimum ni durée de travail légale. Leurs rares droits, la plupart des travailleuses domestiques les ignorent. Tous les dimanches, les membres du Sitradomsa distribuent flyers et informations sur les marchés, où nombre de ces femmes profitent de leurs quelques heures de repos hebdomadaire. Un portrait à découvrir en intégralité dans le magazine Femmes ici et ailleurs. Pour en savoir plus, c'est par ici.


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