Déconfinées

Mis à jour : juin 24

Me revoilà ! Après plusieurs mois d’absence où, je le sais, mes billets de blog vous ont plus manqué que les visites aux grand-parents, les salles de sport et les transports en commun – je ne me mouille pas trop. Mon inspiration a été confinée comme tout le monde et ma bonne humeur, réservée aux supers moments que nous avons passé en live, sur Zoom, à chanter à tue-tête pendant les blind tests et se prendre pour Julien Lepers durant les quiz. Permettez-moi donc, bien qu’on en ait soupé, de vous parler un peu du confinement.

Rassurez-vous, je ne vais pas vous en faire une tartine sur la façon dont cette période m’a permis de me recentrer sur moi-même, de lire tous les essais philosophiques de ma bibliothèque, de faire du yoga au lever du soleil, de fabriquer mon propre pain de campagne et de trier mon grenier – que je n’ai pas. Personnellement, j’ai passé mon temps libre à jouer aux Sims et à boire du rosé avec mes copines sur Zoom. Et grand bien m’en a fait. Cependant, j’ai quand même pu réfléchir à deux, trois trucs. Après des semaines à vivre en pyjama, nénés en liberté, mascara aux oubliettes et cheveux gras pour cause de cure de sébum, je dois bien avouer que la sensation – sur un long terme - de ne pas être vue/commentée/jugée, notamment par des hommes, a été incroyablement libératrice.

C’est au point que j’en ai développé une habitude un peu étrange. Pendant le confinement, je me suis mise au jogging dans la cour intérieur de mon immeuble – histoire d’aérer un peu mes bourrelets et mon cerveau. Cette localisation m’a valu de devoir réaliser cet exploit sportif tout en faisant la conversation avec la mamie du quatrième et en enjambant les enfants du deuxième qui fonçaient à vélo. Pas le lieu rêvé pour s’adonner à la course, en somme. J’avais grand hâte de me lancer dans la vraie vi(ll)e. Quelle ne fut pas ma déception lorsque le 11 mai j’ai passé ma grille d’entrée et me suis rendue compte que j’étais une cible – mouvante, et pas si lentement après mes trois mois d’entraînement s’il vous plaît – de regards et de commentaires hautement déplaisants. Après plusieurs essais, j’ai dû me résoudre à revenir à ma course confinée. Ça fait sûrement rigoler mes voisin·e·s, mais ça devrait surtout inquiéter tout le monde.

Autre moment de déconfinement, autre harcèlement de rue. Je fais l’acquisition d’un vélo et pars pour une première ballade avec mon copain, sur nos destriers respectifs, une fois le confinement levé. Il prend de l’avance pendant que je fais connaissance tranquillement avec mon nouveau moyen de locomotion. Une minute à peine après être sorti·e·s, à une fenêtre, un homme me gratifie d’une salutation, entre le sifflement appréciateur et le cri d’animal. Au feu rouge suivant, mon copain me dit : “il y a eu un bruit bizarre, non ?” Bienvenue dans ma vie.

Merci au sexisme de bien vouloir se reconfiner, je le trouve hautement toxique pour la santé.


Aude

#LeBilletdAude #Humour

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