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De ses propres ailes

Mis à jour : mars 18

[Extrait du magazine Femmes ici et ailleurs #36] Texte de Zigor Aldama


Aigerim Asker est l’une des rares chasseuses à l’aigle royal. Cette fille d’une famille d’éleveurs et éleveuses nomades s’est découvert une affinité particulière avec le grand rapace alors qu’elle n’avait que neuf ans. Aujourd’hui, l’adolescente kazakhe perpétue cette tradition ancestrale dans les vastes steppes de l’ouest de la Mongolie.


Il aura fallu la chercher pendant des heures, guidés par de vagues indications données par un membre de sa famille. Au volant d’un antique van russe, nous avons traversé les steppes de cette contrée sauvage, avant de trouver les deux yourtes où Aigerim Asker vit avec ses proches. Ses parents nous accueillent avec un large sourire et nous offrent la traditionnelle tasse de thé au lait. Nous goûtons l’hospitalité mongole, réputée à juste titre. Au moment de se rendre à l’école, l’adolescente ressemble à n’importe quelle élève kazakhe, ethnie majoritaire en Mongolie. Habillée d’un jean et d’une veste bleue assortie, les cheveux soigneusement tressés en deux nattes par sa mère, elle parcourt à cheval ou à moto les douze kilomètres qui la séparent de l’école d’Altaï, dans la province la plus à l’ouest de la Mongolie, Bayan-Ölgii. Comme beaucoup d’habitant·e·s de la région, sa famille est nomade et se déplace trois ou quatre fois par an en quête de pâturages pour leur troupeau de 700 moutons et chèvres.


Une des rares chasseuses

À treize ans, elle répond d’une voix presque inaudible avec un sourire timide, attentive aux hochements de tête approbateurs de son père. Mais il ne faut pas se fier à son attitude, ni à son apparence. L’adolescente, loin d’être une fragile jeune fille, est l’une des rares chasseuses à l’aigle, aussi connues sous le nom de « burkitshi » ; la pratique ancestrale de la chasse à l’aigle perdure aujourd’hui en Mongolie grâce aux seul·e·s Kazakh·e·s. Ses parents acceptent que nous restions quelques jours avec la famille, jusqu’à ce qu’Aigerim Asker prenne part au Festival de l’aigle royal, la plus importante compétition de fauconnerie au monde. Pourquoi et comment en est-elle devenue une adepte ? « Mon père et mon oncle perpétuaient la tradition de la chasse à l’aigle, j’ai toujours été entourée d’aigles royaux. Mais ce n’est qu’en 2014, à neuf ans, que j’ai commencé à développer une relation spéciale avec l’un des aigles et un réel intérêt pour la fauconnerie », se souvient-elle. Malgré les réticences de sa mère au début, son père et son oncle ont soutenu son choix, pensant que cette activité serait seulement un divertissement et qu’elle l’endurcirait. Mais, très vite, il est apparu que la fillette était douée. Ses premières compétitions ont rendu sa mère très fière et aujourd’hui, elle peut compter sur le soutien de toute la famille.

Des fauconnières dans l’histoire

À l’école, la burkitshi est chaleureusement accueillie par ses camarades qui savent qu’elle a bientôt un grand défi à relever. Elle sera l’une des trois femmes, parmi des centaines de fauconniers, à concourir pour le trophée du festival. « Je suis nerveuse », concède l’adolescente. Sa professeure, une femme robuste et douce, est fière de son élève et nous demande de les prendre en photo. Elle nous confie qu’Aigerim Asker peine à apprendre l’écriture mongole, qui ne fait pas partie de sa culture kazakhe. En tapotant sur ses épaules, l’enseignante souligne toutefois, devant la classe, la force et la bravoure de son élève qui s’empourpre d’émotion.


Un reportage à découvrir en intégralité dans le magazine Femmes ici et ailleurs. Pour en savoir plus, c'est par ici.

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