D’une graine, faire un monde

Mis à jour : févr. 25

Vandana Shiva se mobilise depuis plus de quarante ans pour la préservation de la biodiversité, le respect des droits des petit·e·s paysan·ne·s et des femmes.


Fédérant des énergies collectives, elle a remporté plusieurs batailles spectaculaires contre les géants de l’agro-industrie. Son arme ? La désobéissance créative et la confiance dans les forces de la vie.


Quelles sont les origines de votre engagement ?

Je suis devenue une activiste dans les années soixante-dix, avec le mouvement Chipko, formé par des femmes pour protéger notre forêt. J’ai appris la théorie quantique à l’université, mais l’intrépidité et l’écologie, c'est grâce à ces femmes qui ne sont jamais allées à l’école. Elles étaient, collectivement, des leaders. Elles m’ont aussi inculqué l’indépendance et la coopération : aucun besoin d’être en compétition, nous sommes plus fort·e·s quand nous collaborons !


Pourquoi la biodiversité est-elle si importante ?

Je suis née dans la forêt de l’Himalaya : la forêt m’a enseigné ma première leçon sur la diversité de la vie. La nature est variée, alors que les plantations commerciales sont des monocultures. Cette « monoculture de l’esprit » nous a amené au désastre de la révolution verte au Pendjab et à la catastrophe de Bhopal de 1984 (lire Femmes ici et ailleurs #9). J’ai lancé alors la campagne Let’s plant a Neem (« Plantons un margousier ») : le margousier est un arbre indien, qui est un pesticide naturel. Avec deux autres femmes, la présidente de la fédération internationale des mouvements de l’agriculture biologique (IFOAM) et celle qui était alors présidente du groupe des Verts au Parlement européen, nous nous sommes opposées pendant onze ans à une compagnie américaine qui voulait le breveter, avec l’appui du gouvernement des États-Unis. Cette compagnie n’a pas inventé les propriétés du margousier, ma grand-mère les connaissait déjà ! En 1987, j’ai commencé à conserver les graines, car les groupes Monsanto et Syngenta en voulaient le monopole pour créer des OGM et les vendre aux agriculteurs et agricultrices. J’ai travaillé sur les lois indiennes et aujourd’hui, notre pays n’autorise pas les brevets sur les semences. Toute ma vie a été un voyage dans la découverte de la richesse de la biodiversité. Le discours capitaliste détruit le monde, la biodiversité nous permet de savoir qu’il est vivant.


Les membres du Club Femmes ici et ailleurs ont eu la chance d'échanger avec cette grande dame. Pour retrouver cette rencontre exclusive, cliquez ici.


Un reportage exclusif à découvrir en intégralité dans le magazine Femmes ici et ailleurs. Pour en savoir plus, c'est par ici.


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