Conseil lecture : Libre à elles. Le choix de ne pas être mère

Mis à jour : 18 déc. 2019

Texte de Nelly Sanchez, membre du Club Femmes ici et ailleurs, Périgueux.


Laurence Santantonios : Libre à elles. Le choix de ne pas être mère, éditions du Mauconduit

Cet ouvrage a été écrit par une mère qui a donné la parole à celles qui n’ont jamais désiré l’être. Ce n’est pas un essai, mais un récit de vie où se mêlent les témoignages de celles qui sont “nullipares”. Une quarantaine de femmes, âgées de 36 à 50 ans, se sont confiées à Laurence Santantonios, ancienne journaliste littéraire, fondatrice et directrice des éditions du Mauconduit. Célèbres ou anonymes, ces femmes retracent leur parcours et s’expriment sur cette absence de désir de maternité, ainsi que sur le regard parfois inquiet que la société et la famille posent sur elles. Le style d’écriture est bon enfant, mais sa légèreté n’enlève rien au sérieux de la démarche, qui met à mal certains stéréotypes : une féminité épanouie ne passe pas nécessairement par la maternité et l’ambition n’est pas l’unique frein au refus de procréer. Une femme sans enfant n’est ni un monstre ni une « sorcière » (lire Femmes ici et ailleurs #33).

Alors que plus d’une Européenne sur cinq n’a pas d’enfant passé 40 ans et que le taux de natalité ne cesse de diminuer en France, la maternité demeure encore et toujours la “voie royale” du soi-disant “féminin”. Les mœurs ont changé, mais les techniques médicales pour procréer ne cessent de progresser. Ce sont quelques-uns des paradoxes que révèlent ces pages ; elles lèvent également le voile sur ces femmes qui vivent difficilement leur maternité, qui sont devenues mères pour correspondre à une norme, pour répondre aux attentes de la famille, de la communauté. Politiquement incorrectes, ces “regretting mother” demeurent encore trop souvent muettes.

Laurence Santantonios ne juge jamais. Elle se met d’ailleurs elle-même en scène et se raconte à travers la maternité. C’est un miroir qui nous est tendu. Ce reflet permet de se forger son opinion, de comprendre la place de la maternité dans une démarche identitaire et la façon dont elle répond à un désir de cohérence avec soi-même. Les rencontres de l’autrice avec le public l’ont amenée à constater que la maternité était un sujet de réflexion pour la jeune génération et ce, pour les deux sexes. En revanche, les quadragénaires de son auditoire n’ont manifesté aucune réaction ni fait aucune remarque. Comment expliquer ce fossé générationnel ?


Il est intéressant de constater que la France n’a publié que peu d’ouvrages sur un sujet qui ne défraie plus, depuis bien longtemps, la chronique chez nos voisin·e·s européen·ne·s…


Nelly Sanchez est enseignante et docteure en Lettres. Elle étudie la littérature féminine française de la Belle Époque (Marcelle Tinayre, Anna de Noailles, Renée Vivien...). Elle a notamment publié Les Lettres de Camille Delaville à Georges de Peyrebrune (1884-1888). Elle est aussi éditrice, collagiste et illustratrice.




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