Aux pays des femmes

[Extrait du magazine Femmes ici et ailleurs #39] dossier réalisé par Emma Ducassou-Pehau, Agathe Gouesmel, Pierre-Yves Ginet et Aude Stheneur.


Les sociétés matrilinéaires, où le nom et les biens se transmettent de mère en fille, sont méconnues, ignorées, parfois fantasmées par les regards occidentaux. Leur existence montre que l’humanité a su créer des modèles plus égalitaires entre les femmes et les hommes. Du désert du Sahara aux îles du Pacifique, composées de quelques dizaines ou de millions de personnes, anciennes ou plus récentes, ces communautés autochtones partagent de frappantes similarités. Panorama non exhaustif de ces exceptions qui devraient inspirer la règle.

Cette Touareg est maîtresse d’école à Illizi, au sud-est de l’Algérie. ©Nadia Ferroukhi

Les Kunas Panama

– 50 000 personnes

© Robert Harding, Alamy Stock Photo

Au large du Panama, dans les Caraïbes, plus d’une cinquantaine d’îles coralliennes de San Blas abritent l’un des plus importants peuples autochtones d’Amérique centrale à avoir gardé ses coutumes :les Kunas. Dans cette société, la terre, les biens, les habitations appartiennent aux femmes et se transmettent de mère en fille. Au moment du mariage, l’homme rejoint le domicile de son épouse. Selon l’anthropologue Diego Madi Dias, qui a vécu sur les îles de San Blas, les Kunas ne considèrent pas comme plus important le travail des hommes – la pêche, la chasse – par rapport à celui des femmes – cuisiner, s’occuper des enfants. Gardiennes de leurs traditions, les femmes sont les seules à confectionner les molas, des pièces de tissu très colorées qu’elles portent en corset et qui les ont fait connaître dans le monde entier. En mai 2019, les Kunas accusaient d’ailleurs Nike de «violation de la propriété intellectuelle» pour avoir reproduit le motif des molas sur un de leurs modèles. Grâce à la vente de leurs créations aux touristes, les femmes s’assurent une indépendance financière, sont globalement plus riches que les hommes et prennent toutes les décisions dans l’espace domestique – même si elles sont rarement impliquées dans la politique ou nommées cheffes d’un village. La fête la plus sacrée des Kunas est celle de Diwe Inna, qui marque le passage d’une fille à l’âge adulte. Celle-ci devient officiellement membre du clan maternel devant le village tout entier. L’équivalent masculin n’existe pas. Les Kunas se démarquent également par l’existence d’un « troisième genre » pour les hommes qui se sentiraient femmes, appelé omeggid.


Le dossier est à découvrir en intégralité dans le magazine Femmes ici et ailleurs. Pour en savoir plus,c'est par ici.


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