Alessandra Machado, la femme qui construit des Passer’Elles.

Au sein du Club Femmes ici et ailleurs, nous avons la chance de compter des personnalités exceptionnelles, agissant dans des domaines très divers, en France et bien au-delà de nos frontières. Chaque semaine, la rédaction du magazine met en lumière une d'entre elles.


Cette semaine, nous vous présentons Alessandra Machado, professeure de yoga et coordonnatrice de projets de lutte contre la discrimination.


Propos recueillis par Lune Sayer, journaliste, Femmes ici et ailleurs.


Pouvez-vous nous présenter votre parcours personnel et professionnel ?

Je suis brésilienne et je suis arrivée en France il y a une vingtaine d'années. J'ai cumulé les petits boulots et aujourd'hui, j’ai un Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Education Populaire et du Sport, spécialité « activité pour tou.te.s ». Je suis professeure de yoga et je coordonne des projets de lutte contre les discriminations. En arrivant, j’ai monté une entreprise de danse de zumba en auto-entrepreneure. Ce premier projet a été un échec, mais j’ai toujours été une personne engagée et déterminée. J’ai pris ma carte d’adhésion au parti communiste brésilien à neuf ans en dictature militaire ! Je suis née parmi des femmes misérables et abandonnées par la société qui m’ont donné la force de changer ma destinée. Je retrouve toujours cette volonté dans les quartiers, avec des femmes qui ont aussi cette puissance de survie. En 2014, j’ai créé Passer‘Elles avec d’autres femmes du milieu associatif.

Pouvez-vous nous parler de cette association ?

En arrivant en France, je me suis engagée pour donner des cours de danse brésilienne dans les quartiers. J’ai constaté qu'il y avait des ghettos bien définis à Lille. L’objectif est de créer du lien entre les habitant·e·s des différents quartiers, de briser les stéréotypes des minorités et de faire du sport un outil au service de l’inclusion. Je voulais construire des passerelles inter-mondes, inter-femmes. Dans le bureau, il y a une vingtaine de femmes qui s'entraident. La présidente, Fatou Adihara, est une migrante engagée dans les quartiers depuis quarante ans. A côté, il y a la co-présidente, Lucie Lemaire, cheffe de projet au Crédit Mutuel. On fait une courte échelle sur les compétences, mais aussi sur la visibilité de ces femmes. Le travail de celles qui sont visibles, c'est de rendre visibles celles qui ne le sont pas. Nous défendons également la non-mixité dans le sport pour redonner aux femmes la confiance et l’envie de pratiquer lorsqu’elles ne se sentent pas à l’aise avec l'idée de faire du sport avec des hommes. Cette non-mixité permet une prise de pouvoir, pour aller ensuite vers une mixité choisie. Le sport n'est pas qu’un milieu de compétition, c’est un moyen de se rendre compte de son existence, de ses capacités.

Membres de l'association Passer'Elles

Pourquoi avez-vous choisi d’adhérer au Club Femmes ici et ailleurs ?

Mon adhésion est récente mais je vous suivais déjà depuis 2014 à la suite d’un article qui m’avait touchée. Je trouve qu'on manque durement de représentation de la diversité et c’est ce que vous mettez en avant dans votre magazine.

Ce blog collaboratif est une plate-forme réservée aux membres du Club Femmes ici et ailleurs. Chacun·e a la possibilité de partager dans cet espace ses témoignages, autour de femmes ou d'événements l'ayant particulièrement inspiré·e.

Pour participer, n'hésitez pas à nous envoyer vos productions (écrites ou vidéo) à rencontres@editions-8mars.com

Vous souhaitez rejoindre le Club Femmes ici et ailleurs ? C'est par ici que ça se passe !


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