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A table !

Mis à jour : 17 nov 2019

I’m back ! Après mes aventures à la découverte du monde merveilleux du football, je reviens sur le blog pour vous parler chaque mois d’un sujet qui me titille, me révolte ou me fait rire. N’hésitez pas à me renvoyer la balle en commentaires, échangeons-nous réactions et inspirations.


Aujourd’hui, j’aimerais évoquer le nerf de ma guerre à moi, le pourquoi du comment de ma raison de me lever le matin, celle que j’aime comme un fou, comme un soldat, comme une star de cinéma : la nourriture. Ici point de recette de pâte à crêpes ou de recommandations de restaurant, mais bien un mot sur la façon dont notre genre affecte notre rapport à l’assiette.


Alors même que mes collègues me charrient depuis plusieurs semaines parce que j’ai fait un déjeuner composé à la fois d’un bo bun et d’un risotto – je peux tout expliquer –, je me pose la question : a-t-on le droit de beaucoup manger lorsqu’on est une femme ? Je ne fais pas de révélation en disant que la société exige que les femmes soient toujours plus minces (lire Femmes ici et ailleurs #34), main dans la main avec l’industrie des régimes qui leur fait croire que tous leurs problèmes disparaîtront à grands coups de coupe-faim et de thé laxatif (Spoiler : ça ne fait disparaître que l’envie de vivre). L’une des raisons : on attend des femmes qu’elles soient élégantes, discrètes, mesurées. Bref, qu’elles n’engloutissent pas un plat d’ailes de poulet en sussotant les os jusqu’à anéantissement de toute trace d’éléments comestibles – non, je ne fais jamais ça.


Et les hommes, eux ? On célèbre leur appétit comme un signe de virilité et de grande forme physique, voire comme un trait de caractère avantageux. Une étude du magazine américain Evolutionary Psychological Science révèle même que dans une optique de séduction (hétérosexuelle), les hommes mangent davantage. Parmi l’échantillon analysé lors d’un repas au restaurant (où signe-t-on pour participer à ce type d’études ? Je ne suis jamais dans les bons coups), il est apparu que les individus de sexe masculin mangeaient plus en présence des femmes qu'en présence des hommes, et pas qu’un peu : 93 % de pizza ou 86 % de salade supplémentaires. On en est donc arrivé·e·s à un point de stéréotypes de genre dans notre société où une partie de la population est prête à doubler sa quantité de victuailles pour paraître digne d’intérêt aux yeux du sexe opposé. Pendant que les paons déploient une fabuleuse traîne colorée, nous autres humaines avons le droit, en guise de parade, d’observer Gérard engouffrer sa sixième part de Regina, supplément fromage. Pas sûre qu’on soit gagnantes.


J’en appelle donc à l’apaisement national : laissons les hommes bouder leur assiette et les femmes se resservir. Attention tout de même : le déjeuner composé à la fois d’un risotto et d’un bo bun a été réalisé par une professionnelle, à ne pas reproduire chez soi. Mais comme dirait ma grand-mère lorsqu’elle me remet une bonne louche de hachis Parmentier : “Pas de fausse honte !


A dans un mois, les gourmand·e·s !


#LeBilletdAude #Humour